Réglementation

Devis normalisé optique : ce qui doit figurer sur la ligne verre, mention par mention

17 juillet 2026 · lecture 6 min

Depuis le 1er janvier 2020, tout opticien doit remettre un devis normalisé avant l'achat de lunettes. Son but : permettre au porteur de comparer précisément deux offres. Pour cela, chaque verre doit être décrit par une liste de mentions obligatoires — ni plus, ni moins. Passage en revue de la ligne verre, champ par champ, y compris le point le plus mal compris : le code de regroupement, qui remplace le code LPP.

Un devis, deux offres

Le devis normalisé présente systématiquement deux propositions comparables : une offre 100 % Santé (classe A, sans reste à charge) et une offre à tarifs libres (classe B). Chaque offre détaille, ligne par ligne, le prix de la monture, le prix de chaque verre, les traitements appliqués et les bases de remboursement — de sorte que deux devis de deux magasins puissent être comparés terme à terme.

Les mentions obligatoires de la ligne verre

Pour chaque verre, le modèle de devis impose de faire figurer un ensemble de caractéristiques essentielles et minimales :

  • Le fabricant du verre (nom, et le cas échéant l'adresse).
  • La marque commerciale et le modèle / la référence commerciale au catalogue du fabricant.
  • Le type de verre : unifocal, progressif, dégressif, etc.
  • Le matériau et l'indice de réfraction.
  • Les traitements : antireflet, durci (anti-rayures), amincissement, teinte, photochromique…
  • Le diamètre de fabrication.
  • Le prix du verre et la base de remboursement de la Sécurité sociale.

Ces champs décrivent une obligation de forme : ils identifient le verre, ils n'établissent ni classement de valeur entre fabricants ni « niveau de gamme ». C'est justement cette description factuelle qui rend une recherche d'équivalence possible.

Le code de regroupement, pas le code LPP

Point souvent mal compris : le devis normalisé ne porte pas le code LPP détaillé du verre, mais un code de regroupement. La raison est le secret médical. Le code LPP encode le type de correction (et donc, indirectement, des informations sur la vue du porteur) ; le faire transiter vers la complémentaire santé reviendrait à lui transmettre une donnée de santé. Le code de regroupement permet la prise en charge sans divulguer la correction. Sur le devis remis au client, c'est donc bien un code de regroupement qui apparaît.

Pourquoi ces mentions sont la base de toute équivalence

Une recherche de correspondance entre verriers commence toujours par une référence exacte. Sans le fabricant, la marque, le modèle et les attributs techniques, impossible de traduire un verre en attributs comparables, ni de retrouver un candidat pertinent dans un autre catalogue. La rigueur documentaire du devis normalisé n'est donc pas qu'une contrainte administrative : c'est le point de départ d'un travail d'équivalence honnête.

Des contrôles renforcés en 2026

Le sujet n'est pas théorique. La DGCCRF a annoncé pour 2026 une campagne nationale de contrôles chez les opticiens, de mai à septembre, qui ne se limite plus aux rappels à la loi mais peut donner lieu à des suites correctrices (injonctions, procès-verbaux administratifs ou pénaux). Parmi les points surveillés figure la conformité à la prescription pour les verres — un rappel que l'exactitude des mentions engage le magasin.

En pratique

Avant de remettre un devis, la vérification tient en une check-list : les deux offres sont-elles présentes ? chaque verre porte-t-il fabricant, marque, modèle, matériau, indice, traitements et diamètre de fabrication ? le code affiché est-il bien un code de regroupement ? Une fois ces mentions en ordre, la référence est complète — et prête à servir de base à une recherche d'équivalence.

Article d'information destiné aux professionnels de l'optique. Il ne constitue ni un avis médical, ni un classement entre verriers ; toute correspondance entre gammes reste un candidat à valider par l'opticien.