Myopie & santé

Freination de la myopie chez l'enfant : où en est la France à l'été 2026

16 juillet 2026 · lecture 7 min

La freination de la myopie est devenue le sujet le plus suivi de la presse professionnelle — et l'un des plus fréquents en magasin. Entre une vaste étude française publiée mi-2025, l'inscription d'un premier verre freinateur au remboursement et des générations nouvelles annoncées pour 2026, voici l'état des lieux factuel. Rappel préalable : la prescription d'un verre de freination et le suivi de l'enfant relèvent de l'ophtalmologiste ; l'opticien intervient dans la délivrance et le suivi d'équipement prévus par les textes.

Ce que dit la grande étude française CHU de Poitiers / Krys

Publiée le 26 juin 2025 dans le British Journal of Ophthalmology, l'étude issue du partenariat Krys Group / CHU de Poitiers (Pr Nicolas Leveziel) a comparé, sur 7 626 enfants myopes appariés de 4 à 15 ans (données 2020-2023 de 1 500 magasins), les deux grandes technologies de verres de freination — DIMS et HAL — à des unifocaux classiques. Résultats rapportés : les deux technologies réduisent la progression myopique, y compris chez les 4-6 ans, avec un écart entre elles de 0,14 dioptrie jugé non cliniquement significatif.

Lecture prudente : ces résultats valident une famille de solutions, pas un produit « meilleur » qu'un autre — l'étude conclut précisément que l'écart entre les deux technologies n'est pas cliniquement significatif. Toute présentation qui transformerait ces données en argument de classement trahirait la source.

Remboursement : ce que l'arrêté du 13 juin 2025 a changé

Le MiyoSmart (Hoya, technologie DIMS) est devenu le premier verre freinateur inscrit à la LPP et remboursé par l'Assurance Maladie, à compter du 30 juin 2025. Le cadre publié est précis : enfants de 5 à 16 ans présentant une myopie forte (≥ -6 D) ou évolutive (≥ 0,5 D par an), sur prescription d'un ophtalmologiste ; base de remboursement de 44,28 € par verre et prix limite de vente de 147,60 € par verre (données réglementaires publiques) ; suivi encadré avec contrôle à 15 jours, puis tous les 3 mois chez l'opticien et tous les 6 mois chez l'ophtalmologiste.

Les générations 2026 annoncées

  • Essilor Stellest 2.0 (technologie H.A.L.T. MAX) : annoncé en novembre 2025 au sein d'une plateforme élargie de gestion de la myopie, commercialisation française annoncée pour début 2026 ; premiers résultats cliniques présentés au congrès de la SFO 2026.
  • Hoya MiyoSmart iQ (D.I.M.S. TED) : dévoilé au congrès APAO 2026 avec une zone de traitement élargie de 33 à 41 mm et une défocalisation portée de +3,50 D à +4,50 D ; déploiement européen annoncé à partir d'avril 2026, la France parmi les premiers marchés.
  • Zeiss MyoCare (lancé en France en mars 2024, décliné en MyoCare et MyoCare S) : l'étude européenne CEME (234 enfants de 6 à 13 ans), communiquée en juillet 2025, rapporte à 12 mois une progression réduite de 0,21 D et un allongement axial réduit de 0,14 mm par rapport à des unifocaux standards.

Ce que cela implique au magasin

Trois points de vigilance ressortent des textes et des communications publiques : vérifier systématiquement la prescription et les critères d'éligibilité lorsque le remboursement est en jeu ; respecter le calendrier de suivi prévu (l'opticien y a un rôle explicite) ; et présenter les différentes solutions de façon strictement factuelle — technologies, données publiées, cadre de prise en charge — sans hiérarchie entre fabricants, que les données publiées ne permettent d'ailleurs pas d'établir.

Article d'information destiné aux professionnels de l'optique. Il ne constitue ni un avis médical, ni un classement entre verriers ; toute correspondance entre gammes reste un candidat à valider par l'opticien.