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Publicité en optique : le projet d'interdiction écarté, l'encadrement toujours à l'étude

7 novembre 2026lecture 6 min

En septembre 2026, un projet d'interdiction de la publicité pour l'optique et l'audition a été présenté aux organisations professionnelles. Son volet optique a été écarté trois semaines plus tard ; les sources consultées ne disent rien du sort du volet audition. Aucun texte n'a été publié dans un sens ni dans l'autre, et l'encadrement de certaines pratiques reste à l'étude. Voici la chronologie, ce qui est officiel et ce qui ne repose que sur la presse.

Sommaire
  1. L'essentiel au 7 novembre 2026
  2. Ce que prévoyait le projet du 4 septembre
  3. Deux semaines de positions opposées
  4. 24 septembre : un abandon annoncé, pas publié
  5. Ce qui reste dans le viseur
  6. Les questions parlementaires en attente
  7. Pour le magasin, aujourd'hui

L'essentiel au 7 novembre 2026

Le 4 septembre 2026, la direction de la Sécurité sociale (DSS) a présenté aux organisations professionnelles un projet qui aurait interdit la publicité sur les prix, les marques, les technologies et les remises en optique et en audition. Le 24 septembre, le Rassemblement des opticiens de France (Rof) a annoncé que les pouvoirs publics ne donnaient pas suite au volet optique. Aucun communiqué du gouvernement n'a été trouvé : l'abandon repose sur ce communiqué, sur une question écrite d'une sénatrice et sur la presse, qui rapporte aussi, le 5 octobre, la confirmation orale d'un conseiller de la ministre de la Santé.

Selon L'Opticien-Lunetier (L'OL Mag), ce conseiller a précisé que la volonté d'encadrer la communication du secteur restait d'actualité, et que le maintien de la dérogation dont bénéficie l'optique continuait d'interroger l'exécutif. Au moins quatre questions écrites de parlementaires attendent une réponse.

Ce que prévoyait le projet du 4 septembre

Selon Audiologie Demain (8 septembre 2026), la DSS a réuni les syndicats le 4 septembre en concertation sur un projet de modification de l'arrêté du 21 décembre 2012. L'optique médicale (lunettes, lentilles correctrices) et les aides auditives auraient perdu l'exception dont elles bénéficient dans ce texte.

Le projet aurait interdit de communiquer sur les prix, les marques, les technologies et les remises. La publicité sur les métiers et les campagnes de prévention seraient restées autorisées. Les observations écrites étaient attendues au plus tard le 20 septembre 2026.

Deux semaines de positions opposées

  • 8 septembre : le Rof demande de « renoncer à toute interdiction générale de la publicité en optique » (L'OL Mag).
  • 18 septembre : selon une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP), le Rof estime que la mesure, si elle était mise en œuvre, constituerait une « erreur majeure » et en demande le retrait, tandis que la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) la soutient. Le cabinet du ministère de la Santé dit vouloir « ne plus permettre qu'un téléphone soit offert pour tout remboursement d'un produit pris en charge par la solidarité nationale ». Selon Kantar, cité par l'AFP, le marché de l'optique a dépensé plus de 193 millions d'euros en publicité en 2024, réseaux sociaux non compris.
  • 18 septembre : le Groupement des industriels et fabricants de l'optique (Gifo), qui représente 130 industriels, fabricants et distributeurs, demande le retrait du projet d'arrêté. Il estime que la mesure « produira des effets irréversibles sur les 200 entreprises de l'optique implantées en France » (L'OL Mag).

24 septembre : un abandon annoncé, pas publié

Le 24 septembre 2026, le Rof annonce par communiqué que les pouvoirs publics ne donnent pas suite au projet d'arrêté, ce que reprennent L'OL Mag et The Media Leader.

Le seul écrit parlementaire trouvé qui en fasse état est la question écrite de la sénatrice Annick Billon, publiée au Journal officiel du Sénat le 1er octobre 2026 : le projet « a finalement été écarté le 24 septembre suivant par le Gouvernement qui a indiqué vouloir examiner les propositions alternatives formulées par les professionnels ».

Aucun communiqué du ministère n'a été trouvé à ce jour. Le projet d'arrêté n'ayant, à notre connaissance, jamais été publié au Journal officiel, aucun texte n'a eu à être retiré.

Ce qui reste dans le viseur

Selon L'OL Mag (5 octobre 2026), un conseiller de la ministre de la Santé, non nommé, a rappelé en marge du Silmo, le salon international de l'optique, les attentes de l'exécutif. Parmi les exemples qu'il a cités : les messages invitant à renouveler ses lunettes au motif que l'ordonnance est encore valide, et les cadeaux sans rapport avec le produit.

Les organisations professionnelles ont formulé des propositions, en cours d'étude par le ministère, dont la charte d'engagements du Rof, déposée auprès de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP). Selon L'OL Mag, l'exécutif jugera ces propositions sur leur contenu et sur leurs effets réels sur les pratiques de communication, attendus « d'ici la fin de l'année ».

Les questions parlementaires en attente

Au 7 novembre 2026, au moins quatre questions écrites sur le sujet étaient sans réponse :

  • Assemblée nationale, n° 18593, David Habib (Pyrénées-Atlantiques, Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires), Journal officiel du 29 septembre 2026, p. 8975.
  • Sénat, n° 10207, Annick Billon (Vendée, Union centriste), Journal officiel du Sénat du 1er octobre 2026, p. 4725.
  • Assemblée nationale, n° 18648, Philippe Gosselin (Manche, Droite républicaine), Journal officiel du 6 octobre 2026, p. 9318.
  • Assemblée nationale, n° 19331, Sabine Gervais (Charente-Maritime, Les Démocrates), Journal officiel du 27 octobre 2026, p. 9995.

Pour le magasin, aujourd'hui

Aucune des sources consultées ne fait état d'un texte publié qui modifierait l'arrêté du 21 décembre 2012. Parmi les exemples cités par l'entourage de la ministre figurent les messages invitant à renouveler ses lunettes au motif que l'ordonnance est encore valide et les cadeaux sans rapport avec le produit ; aucune source ne précise à ce stade le contenu ni le calendrier d'un éventuel encadrement. Cet article décrit l'état du dossier ; il ne constitue pas un conseil juridique.

Article d'information destiné aux professionnels de l'optique. Il ne constitue ni un avis médical, ni un classement entre verriers ; toute correspondance entre gammes reste un candidat à valider par l'opticien. Cet article est rédigé et publié sous la responsabilité éditoriale de l'éditeur, qui en vérifie les faits et en cite les sources.